Gastronomie française

Cocos de Paimpol. Image offerte par Trizek (CC BY-SA 3.0)

Cocos de Paimpol. Image offerte par Trizek (CC BY-SA 3.0)

Coucou bonjour. Vous aurez remarqué que j’étais de moins en moins présent sur ce blogue, comme sur tous les autres. C’est que ma vie s’est considérablement compliquée. Je n’interviens donc plus que dans des cas très rares, et mes apparitions tiennent plus à une inspiration (que j’aurais enfin eu le temps d’écouter) qu’à une forcenée injonction de dire quelque chose en rapport avec l’actualité (qui, de toute façon, reste un abominable bouillon de mensonges). Aujourd’hui, je pousse la chansonnette en l’honneur de la boustifaille française. C’est toujours mieux que la cuisine des primaires, et c’est plus digeste.
 

Gastronomie française

 
Les bêtis’ de Cambrai ;
Les champignons d’Paris ;
Et la fourme d’Ambert
Et les lentill’ du Puy :

Ben tout ça le Tafta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Tafta il nous libèrera.

La patate de Batz
Et celle de Noirmoutier ;
Les ravioles de Royans
Et les calissons d’Aix :

Ben tout ça le Ceta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Ceta il nous libèrera.

Les cocos de Paimpol
Ou les oignons d’Roscoff ;
La fraise de Plougastel
Ou le sel de Guérande :

Ben tout ça le Tafta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Tafta il nous libèrera.

Le piment d’Espelette ;
Les huîtres de Belon
Ou bien celles de Marennes ;
Et les pruneaux d’Agen :

Ben tout ça le Ceta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Ceta il nous libèrera.

Le saucisson de Lyon ;
La sauciss’ de Strasbourg
Ou bien celle de Toulouse ;
Et celle de Morteau :

Ben tout ça le Tafta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Tafta il nous libèrera.

Le jambon de Bayonne !
La moutard’ de Dijon !!
Et puis le Brie de Meaux !!!
Le pastis de Marseille !!!!

Ben tout ça le Ceta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Ceta il nous libèrera.

Coqu’licots de Nemours
Ou roses de Provins ;
Nougats d’Montélimar…
Sardin’ de Quiberon !

Ben tout ça le Tafta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Tafta il nous libèrera.

Et les noix de Grenoble…
Les lunett’ de Romans…
Les marrons de Redon…
Tout cela périra.

Car tout ça le Ceta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Ceta il nous libèrera.

La rate du Touquet…
Les olives de Nyons…
L’andouille de Guéméné.
Tout cela périra.

Car tout ça le Tafta il n’en veut pas, il n’en veut plus.
De tout ça le Tafta il nous libèrera.

Crottin de Chavignol ;
Mirlitons de Rouen
Et noyau de Poissy…
On n’en finirait pas.

Le Tafta, le Ceta, tu n’en veux pas tu n’en peux plus.
Mais si tu n’te bouges pas, qui te libérera ?

 
FIN.

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Le mépris

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Voici quel est l’état de la rivière Vilaine à Rennes, en amont du bief de centre-ville. Après avoir été un égoût puant, qui a produit des millions de bulles de méthane tout l’été, interloquant les ouvriers du puits Duhamel qui soupçonnaient là les effets du tunnelier tout proche (à Rennes on creuse une seconde ligne de métro qui passe sous la rivière), voici que la Vilaine s’enlise d’une boue verte d’algues microscopiques, des Cyanophycées empoisonnées, sur lesquelles pullule en radeaux infects la Ludwigia, ou Jussie, une plante envahissante qui tue tout ce qui vit dessous. Les premières sont le signe certain d’une eutrophisation terrible de la rivière (l’eau est chargée de nutriments, phosphates, nitrates) ; les secondes, en se répandant partout sur cette bouffe, cachent la lumière, piquent l’oxygène et la nourriture, et désertifient les fonds qui n’étaient déjà pas grandioses.

Plus aucun pêcheur, évidemment, n’ose venir tremper ses cannes dans cette sentine.

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La faute en est connue avec certitude. Elle en revient à quelques industriels de l’agroalimentaire, installés en amont, et dont on sait parfaitement les noms ; mais les autorités s’abstiennent de constater que ces fumiers ne respectent pas les lois environnementales les plus élémentaires. Alors, que voulez-vous, ils polluent sans retenue.

Quant à la municipalité de Rennes, qui est tout de même ce qui se fait de plus gros en matière de personne morale située en aval, elle s’abstient – c’est tellement socialiste ça, de s’abstenir. Alors rien ne se passe, et l’adjoint à la propreté publique, un politique dont on fera mine de croire qu’il est sincère, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a pour effacer les résultats visibles de cette pollution énorme qui fait, de la Vilaine et de sa voisine la Seiche, les deux rivières les plus dangereuses de France. La mairie s’abstient, elle aussi… Mais elle sait frapper sur qui proteste, on l’a vu tant de fois cette année.

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Ah, mais c’est qu’à Rennes, vivre en intelligence trouve vite ses limites. Lorsqu’en milieu de semaine dernière, des usagers et des employés de la Poste sont venus manifester contre la fermeture programmée de neuf bureaux (putain, neuf bureaux !) dans la ville, et qu’ils ont apporté à la maire Nathalie Appéré la plus récente vague d’une pétition citoyenne réclamant l’arrêt pur et simple du massacre, eh bien Madame la maire a ordonné de fermer les portes.

Mais oui, les portes de la mairie ont été fermées au nez de la délégation. Puis la maire a fait fermer les fenêtres. Mais oui, au balcon de la mairie, les fenêtres se sont rabattues : clac, cloc, cric. Et les employés des bureaux du rez-de chaussée jetaient par les vitres condamées des regards désolés à la foule qui, dehors, essuyait cette humiliation.

Alors voilà. La rage s’embacle comme s’embaclent en rivière les déchets de la vie moderne, les morts de la pollution, les ordures industrielles que les autorités s’acharnent à refuser de voir pour ne pas avoir à faire respecter la loi. Et quand on crie pour que cette pauvre loi soit simplement respectée, et qu’on défile pour que la morale, la morale sacrée que nous avons tétée quand nous étions tout petits, entre nos mères et les assistantes maternelles de la petite école, quand on crie pour que cette morale qui est le ciment de notre société soit pour une fois respectée, les flics nous insultent, ils nous sifflent des paroles de haine et de mépris, ils chargent nos banderoles, ils nous comparent à Daesh, ils nous tabassent, ils nous coincent et nous torturent tandis que politiciens et journalistes font mine de nous prendre pour des émeutiers. Et toutes ces insultes de la flicaille, et tout ce mépris de la racaille politique, tout ce poison des médias corrompus, tout cela forme radeaux, barrages et décombres, et sera vomi. Les plus polis d’entre nous feront ça dans l’isoloir des prochaines élections, et les autres déverseront leur foutoir dans la rue. Dans la rue ! Dans la rue, comme ils le font déjà, un peu, presque symboliquement encore, avec leurs pavés, leurs canettes et leurs bouts de plastique.

Car le mépris, ça se paye en haine. Nulle autre monnaie n’est plus acceptable. On vous poursuivra, tas de pourritures, et il vous faudra donner enfin à vos flics, ces sous-hommes qui n’attendent que ça, la joie sans mélange de pouvoir nous tirer dessus à balles réelles. Eux, qui ne savent pas résister à un forcené armé sans se pisser dessus et appeler le RAID, ils pourront enfin faire les fiers.

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Voilà où en est la France. Et la rivière Vilaine en est une image parfaite : un pourrissoir tellement encombré que les oiseaux marchent dessus pour en picorer les ordures que transporte cette lave verte ennemie de toute existence respectable.

Je vous chie à la gueule, politicards ; en 2017 je ferai tout pour que vous dégagiez. Je ne suis plus soumettable. À bon entendeur, salut et fraternité.

FIN

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Soutien au syndicat Solidaires 35

Dégradations policières facturées à un syndicat. Le #PS fait jouir la Droite canal historique et le #FN.

LES Elus du Front de Gauche de Rennes

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Alors que la droite, le FN et la Majorité municipale rennaise sont vent debout contre Solidaires 35, souhaitant leur extorquer plus de 46 000€ afin de rembourser les frais liés à l’occupation de la Maison du Peuple, les élus du PG souhaitent leur réaffirmer leur soutien.

Il s’agit là d’une injonction purement politique pour plusieurs raisons.

D’abord ce syndicat a accepté de signer une convention d’occupation d’une semaine avec la Mairie sur demande de cette dernière, sans pour autant qu’il y ait une quelconque caution de demandée ou un quelconque état des lieux d’entrée et de sortie. Personne n’est donc en capacité de dire précisément quels sont les frais réellement liés à l’occupation de 13 jours.

Ensuite, les quelques éléments que nous avons en notre possession montrent l’illégitimité de cette somme. Par exemple, la porte principale a été brisée suite à l’intervention des forces de l’ordre. Intervention demandée par la…

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Un loup rouge guette un mouton noir

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Un loup rouge
guette un mouton noir

(Pictoblabla)

Juché au sommet d’une pile de journaux, un glouton rouge guette un mou tout noir. Comme un prosélyte de secte observant une victime bientôt mûre…

Mais… D’ordinaire… Ce sont les Rouges qui sont des moutons noirs ! Et les loups se font alors passer pour de bons bergers. C’est comme ça dans les journaux télévisés.

« Un mouton noir ! » y dit-on aux moutons blancs. « Au loup ! Au loup ! » Qui est bien attrapé ? Le mouton rouge. Car voici la règle : seuls les puissants ont le droit d’être rouges – et ils ne manquent jamais de l’être entre eux.

« Voici ta règle : serviteur, tu es un mouton que j’ai distingué. Sois un loup pour les autres moutons ! Peut-être te teinterai-je de jaune pour marquer que tu es à moi, et chacun alors admirera ton statut précieux. »

« Et voici la règle générale du bétail : ô moutons, restez bien blancs, rêvez bien jaune et surtout, surtout fuyez le rouge ! Car le rouge, c’est le loup ! »

Le Rouge c’est le Loup. Le Rouge c’est le loup. Le rouge c’est le Loup. Incontestable vérité enrobée d’un gros mensonge par omission. Magie du verbe ! Au jeu des majuscules dites et non dites, le lecteur est toujours perdant. Le journaliste : « Ah, mais je n’ai jamais écrit ça ! »

Juché au sommet d’une pile de journaux, un glouton rouge guette un mou tout noir. Il parle, et ses serviteurs vont répétant : « Car la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force, et le mouton noir c’est le mouton blanc. » Et le rouge c’est le Loup ! Mais ça, on ne vous le dira pas. Sauf les Pinçon-Charlot.

FIN

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De la race

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« Il existe une seule race, et c’est la race humaine ». Au dix-neuvième siècle, cette affirmation progressiste et généreuse était valable, puisqu’on n’avait encore que peu d’idées concernant la notion d’espèce et de sous-espèce, qu’on englobait sous le vocable de “race”. Aujourd’hui, une telle proposition est fausse du sol au plafond.

Je rappelle qu’une espèce est un ensemble d’individus compatibles sexuellement, et dont la descendance possède une tendance très lourde à être fertile. Pour sa part, une sous-espèce est un sous-groupe de l’espèce, qui, pour des raisons environnementales, s’est retrouvé isolé et confiné génétiquement, au point de développer des caractères qui ont rendu les individus de cette population incompatibles sexuellement avec les membres de l’espèce parente. Il y a des affinités criantes avec l’espèce parente, mais c’est terminé : les deux groupes ne se mélangeront plus, et la sous-espèce acquerra au fil des millions d’années le statut d’espèce à part entière, ou bien elle s’éteindra… ou alors c’est l’espèce parente qui disparaîtra. Ci-dessous, voici trois groupes d’ormeaux de l’Atlantique sud-est : du nord au sud, Haliotis marmorata speciosa nommé par Lovell Augustus Reeve, Haliotis marmorata stricto sensu identifié jadis par le baron Carl von Linné, et Haliotis marmorata geigeri détecté par moi s’il vous plaît, et décrit par mon camarade Buzz Owen de Californie, qui a fait un énorme travail de ménage dans la série africaine.

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De ces trois sous-espèces, nul aujourd’hui n’est en mesure de dire laquelle est issue de laquelle, ou si elles sont issues d’un parent commun aujourd’hui disparu ; la taxinomie ne fait souvent qu’établir une carte instantanée des ensembles vivants, et seule une patiente étude paléontologique peut, parfois, établir l’ordre des apparitions, exposer les filiations, dire les héritages.

Quant à la race, les scientifiques ne savent qu’en faire. Dans la nature, les races sont en effet fort peu détectables. C’est une notion qui est surtout utile dans l’élevage des animaux domestiques, chats, chiens ou bétail, où l’on accentue à dessein un ensemble de traits jusqu’à obtenir un type qui fera l’objet d’une convention et d’un ensemble de normes. Il est alors facile d’isoler ces races pour en empêcher les mélanges, mais dans la nature (qui a horreur du vide), il en va tout autrement. Voyez ci-dessous une cartographie, très sommaire, d’une espèce de pétoncle de l’atlantique nord-est : Æquipecten opercularis (Linnæus, 1758). Une cartographie un peu plus complète devrait tenir compte des interactions toujours possibles entre des membres situés sur des quadrants opposés, et, pour bien faire, il faudrait même la bâtir en trois dimensions. Elle aurait alors l’apparence d’une sphère. Mais enfin, telle qu’elle est, on voit déjà les relations actuelles qu’on peut établir entre différentes “variantes”… ou “races” (cliquez sur l’image pour en charger une version plus large).

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Certains individus sont affectés d’un label : voici les types des variantes, ou races, qu’on peut nommer pour les distinguer : à gauche voici la race blanche, en haut la race orangée, à droite la race marron, et en bas la race violette. Elles portent des noms latins parce que ça fait plus chic. C’est comme pour les humains : les blancs, les jaunes, les rouges, les noirs.

Voilà pour la peinture. Mais on peut aussi distinguer ces pétoncles non plus par le critère des couleurs mais par celui des motifs : à rayures ou bien marbré ? Ou bien uni ? Pour les humains, nez fin ou nez épaté ? Nez court ou nez long ? Car on trouve tous les nez, dans toutes les couleurs. Et ne parlons pas des cheveux.

En fait, puisqu’elle est la désignation d’une quintessence de certains traits arbitrairement choisis pour des raisons esthétiques ou utilitaires, la race n’est jamais qu’un point sur mon cercle de coquilles, ou sur un disque, ou dans une sphère. Tout y conflue, tout s’en écarte, rien n’y est exactement conforme. Voilà bien la nature, toujours à grouiller, à faire des nuages.

La race !

Et donc les scientifiques refusent de manipuler ce truc-là. Quant aux éleveurs, ils font leur beurre avec. Et les marchands de coquillages de collection aussi. Ou de poissons d’aquarium. Ou de rosiers. Bref, les races, ça existe, même si c’est flou et donc toujours incorrectement définissable. Disons qu’une race, c’est un secteur morphologique centré autour d’un type dont le choix comme canon est toujours discutable mais qui est malgré tout décrété représenter le centre d’équilibre du coin…

Voilà pour la notion de race de ce côté-ci de l’Atlantique. De l’autre côté, on en fait des livres et même des discours présidentiels, mais ici en France, parler de race est très mal vu. Je trouve ceci dommage. Pas au point de n’en plus dormir la nuit, mais enfin voilà encore un mot qu’il ne faudrait plus prononcer. Or, les races, ça existe encore un peu malgré tous nos mélanges, alors pourquoi s’en taire ?

On s’abstient de prononcer ce mot car il a été souillé par les racistes. Je rappelle qu’un raciste est quelqu’un qui considère qu’il y a des races supérieures à d’autres, et que la sienne est supérieure à toutes. Il y a des racistes noirs, des racistes blancs, des racistes jaunes et peut-être aussi des racistes rouges, allez savoir. Après tout la nature grouille, il faut donc bien qu’elle grouille de cons – en France, où l’on aime à être remarqués, nous sommes très nature en ce moment.

Eh bien ça ne fait rien ! Utilisez le mot “race”, même si c’est une fois par an. On se fait voler tant de mots, pourquoi en pas en repiquer un, même s’il n’est pas très utile ? Je me dis souvent qu’utiliser proprement un mot qui a été maudit, c’est déjà le nettoyer.

N’en avez-vous pas assez du regard des autres, qui vous malmène alors que vous, vous, vous n’avez rien à vous reprocher ? La race mérite bien un coup de langue. Pensez que vous dépouillez les affreux d’un de leur biens les plus précieux. Faites-le pour la République, ça fera passer le goût.

Je recommande la lecture des articles Race humaine et Racialisme sur Wikipédia. Je ne savais pas que le racialisme existait… C’est étonnant tout ce qu’on peut dire sur des notions aussi matériellement ténues… Étonnant, instructif, et curieux… Allez-y voir car après tout, qui sait de quoi demain l’humanité sera faite ? Avec quels mots défendrez-vous la liberté de l’espèce quand des eugénistes au service des princes-marchands de la planète voudront concevoir une race de soldats, une race d’ouvriers-forçats, une race de mineurs de fond, une race de marins à la peine, de scribes riquiqui ou de sportifs inextinguibles, et qu’ils vous diront qu’il s’agit juste de variantes, parce que tout de même « parler de race, pouah, c’est raciste » ? Ôtez-vous un mot de la bouche, et sa notion se recule dans l’ombre, prête à servir les habitants de l’ombre, et à vous nuire. Ne lâchez jamais rien aux brutes, ils donnent tout aux vampires.

Ci-dessous, coquillages à pourpre phénicienne, de races noire à blanche, avec ou sans épines, avec ou sans rayures. En fait, les milieux lagunaires encouragent le mélanisme chez les mollusques testacés, ce qui fait qu’il y a des noirs partout, dans le monde entier… Ils ne sont pas regroupés dans un bassin génétique distinguable… C’est ballot, hein ?

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FIN

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L’espion Léon IV

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Pictopoésie. Le principe est le suivant : je prends une image, je l’envoie à un camarade poète qui m’en trouve un titre. À partir de ce titre, je déroule un texte, rimé ou non.
 

L’espion Léon IV

Dans l’univers pénitencier
De la finance souveraine,
Des amateurs de marjolaine,
De fruits fertiles, de bonne laine,
Mangeurs de frais, donneurs de graines,
Et pour cela objets de haine,
Terrorisaient un semencier.

Procès, griefs, exploits d’huissiers,
Éditoriaux accusateurs,
Télés à charge au vingt-heure,
Fielleux préfets, flics piétineurs,
Nuées d’avocats pinailleurs,
Sans oublier les inspecteurs…
Le marchand voulait supplicier.

Il fallait des informations.
Personne n’est jamais tout blanc.
Il y a toujours un tire-au-flanc
Qui suit la règle à contre-temps
Et manigance dans ses champs
De l’illégal, du boitillant :
Il fallait avoir un espion.

On lança un petit Léon,
Quatrième en son escadrille :
Un papillon, roi de la vrille,
Un drone en soie qu’on dégoupille
Pour épier dans les myrtilles,
À l’affût des moindres vétilles ;
Talentueux caméléon.

Le robot fila dans le vent,
Échappant à tous les oiseaux,
Évitant mille taupiniaux
Et autres crottes d’animaux
Qu’au ras du sol nos rois du bio
Tolèrent en leurs domaniaux.
Le marchand dit : « C’est dégoûtant ! »

« Qu’est-ce qu’ils font chier, ces écolos
Avec leurs hirsutes plantouilles,
Leurs mares pleines de grenouilles,
Leurs inutiles haies où grouille
Une vermine qui s’épouille.
On va pas rater ces andouilles :
Pose-toi là, près des sureaux ! »

Mais un destin des plus nocifs
Guettait le robot travesti.
Transportant un vert puantis
À base de purin d’ortie,
Un vieux zadiste en répartit
Sur la zone où Léon, blotti,
Attendait ; ce fut corrosif.

« Mon drone ! » hurla le semencier.
Léon crevait, exclamatif,
Couinait des bips répétitifs
Faisait des bulles, fermentatif,
Suivies d’un râle accusatif.
Le financier tira ses tifs :
« J’vais vous niquer, tas de sorciers ! »

« Bougnoules ! Drogués ! Gauchistes !
Puisque c’est ainsi, nous allons
Armer cinq-cent mille frelons
Qui lâcheront leurs aiguillons
Plein d’OGM dans vos melons !
Policiers, à moi ! Bousillons
Cette clique terroriste ! »

Ainsi fut fait. Car il faut bien
Qu’à la toute fin la justice
Dise son fait au subreptice
Clampin dont la vie peu factice
S’accommoderait d’interstices
Et d’une absence de notice.
La loi veut voir ramper des chiens.

En ce sinistre été 2016, alors que de toute évidence la France s’enfonce dans une folie sans mémoire, contrôlée par des crapules sans foi, sans morale et sans frein, tandis que le parti dit socialiste annule toutes ses tentatives d’organiser ses universités d’été et souille Jaurès de toutes les manières, le mouvement des Nuits Debout se rassemble, lui, en forêt de Brocéliande, sur un terrain ami, les 13,14 et 15 août pour y tenir une espèce de rencontre intergalactique d’allure puissament universitaire, estivale et politique. Il reste à savoir si la justice et la loi, la police et l’État autoriseront un tel rassemblement, constitué de gens tellement civilisés qu’ils en sont encore à honorer la morale sacrée que nos mères nous ont inculquée jadis, et dont il convient, pour être moderne, de savoir se défaire – sinon Finkielkraut grimacera des « Gnagnagna. »

Puisque je vous tiens, je ne saurais trop vous recommander les paroles de la chansons Racailles du rappeur Kery James, qui serait bien inspiré de se rapprocher de ses confrères pour nous concocter une Marseillaise mieux adaptée à notre temps que celle de la première Révolution. Il en a le talent et l’envergure, et nous avons tous besoin d’un chant pour affronter ce qui arrive en tenant haut le drapeau de l’humanité. Les éloges qu’Égalité et Réconciliation lui décernent n’y changeront rien, le gars est de gauche et ça fait du bien de l’entendre. Les lyrics du titre sont par là…

 FIN

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Dans le delta de l’éphémère

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Pictopoésie. Le principe est le suivant : je prends une image, je l’envoie à un camarade poète qui m’en trouve un titre. À partir de ce titre, je déroule un texte, rimé ou non. Autres poésies disponibles (non exhaustif) : Celui-là — Le cri qu’est le silence de pierre — Halloween à la garderie d’un régime totalitaire — L’écimé axe flou. Il y en a d’autres sur d’autres blogs, dont celui d’ELP, à « Berger ».
 

Dans le delta de l’éphémère

Depuis ta naissance
Baignée de si anciens souvenirs
Et de tant d’ancêtres fragmentés
Imbriqués les uns dans les autres
Jusqu’aux lointains fonds ombreux
Des ténèbres onduleuses…

Depuis ta naissance
Si vide pourtant, et si vierge,
Tu contemples sans rien comprendre
Ce qui repose devant toi.
Il existe encore si peu de ce que tu seras.
Et ce qui est, est derrière toi.

Et cela,
À l’instant même où ton regard,
Pour la première fois s’étonne,
T’échappe.

Cela te fixe cependant,
Cela a les yeux verrouillés sur ta personne.
Mais tu ne le vois pas.
Tu regardes en avant, et tu ne comprends rien.
Ainsi commences-tu ton jeune apprentissage,
Chenille chenillante,
Toute pleine d’un appétit venu de loin.

Mais ne t’attends surtout pas à ce que ton passé,
Qui ne t’appartient tellement pas
Mais qui a saisi ta vie à son tout début
Et depuis ne la lâche jamais, jamais, jamais plus,
Ne réclame rien et te laisse indemne de commentaires.

Ensuite, le temps passant, eh bien tu composes.
Tu regardes en avant, mais aussi en arrière.
Dans le delta de l’éphémère,
En plein milieu de ton passage, là tu saisis :
Partout l’éternité rugit.
Et maints courants te font dériver.
Comment donc se porte ta volonté ?

Le temps s’enfile, le monde file, ta vie défile.

Dans le delta de l’éphémère,
Maintenant tu abordes à ta propre rive.
Au bord du gouffre qui s’élève,
Éblouissant de lumière,
Et qui t’appelle comme une aube,
Comme un tunnel dans le ciel où siège ton destin,
Tu te retournes une dernière fois.
As-tu enfin compris ce que tu portes ?

Tu as plongé ton regard dans la chaîne infinie
De la transmission des cendres et des élans.
Cela donne-t-il sens à ce que tu as vécu ?
Immense question à tourner et retourner
Tandis que tu fermes ta conscience et que tu plonges
Jusqu’aux lointains fonds ombreux
Des ténèbres onduleuses…

Mais voici que de nouveau ton cœur s’entrouvre.
Tout n’est donc pas encore terminé.
Tu t’extirpes de tes engourdissements.
Tu entends la vie qui lance de nouveaux cantiques.
Comment mourir avant d’avoir aimé ?
Voici venu le temps du soleil,
Voici ton paradis,
Voci ta liberté.
Et ton nom est enfin prononcé.

Loin du delta de l’éphémère,
Tu t’étonnes encore.
Tu as tant de fois changé de toi…
L’instant est unique, cependant :
Te voici prêt pour ta descendance,
Mon bel imago,
Et pour les siècles des siècles,
Ancêtre à ton tour,
Et belle imago.

Pendant ce temps,
Fidèles à eux-mêmes,
Les clercs grouillent comme vermine
Sur les plats préparés par les prophètes.

 FIN

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