99 percent

David Shankbone : Zuccotti Park on Sunday, October 16, Day 31 of Occupy Wall Street.

Les militants OWS arrêtés ces dernières semaines refusent de transiger (abandon des charges contre abstention de manifester), et exigent des procès. Tous se disent innocents et prêts à aller en justice. Les tribunaux vont s’écrouler.

David Shankbone : media center @ Zuccotti Park, day 9 of Occupy Wall Street.

Photos et vidéos postées par milliers témoignent en temps réel. Comme souvent avec Internet, les contagions prennent un caractère viral. Toutes les principales villes d’Amérique du Nord connaissent des mouvements. OccupyMontréal, OccupyToronto, OccupyNashville, OccupyNJ, OccupyPortland… En Italie fleurissent aussi des Occupy : OccupyCatania, OccupyPisa, OccupyArrezzo, OccupyTreviso…

David Shankbone : day 14 of Occupy Wall Street.

Très amusante histoire, postée sur le Daily Kos, d’un policier faisant respecter la loi à un banquier agressif qui se croyait tout permis. Il n’y a pas que des larbins dans les uniformes. Chaque action d’éclat, bonne ou mauvaise, trouve, par le biais de Twitter et des réseaux sociaux, un écho considérable, dont les médias mainstream ne peuvent rendre compte, et souvent ne veulent même pas.

Another Believer : Occupy Portland protest at Pioneer Courthouse Square in downtown Portland, Oregon.

Les paroles sacrées sont exhumées et dépoussiérées. Qui a dit que les Américains étaient les prédateurs du monde ? Ces protestations ont été sévèrement réprimées, comme en témoignent de nombreuses vidéos.

Joe Mabel : Occupy Seattle rally at Westlake Park, Seattle, Washington, USA.

Ci-dessus : dangereux activistes des banlieues, en train de tout casser. OccupyPortland a eu à subir de rudes charges policières. En général, la non-violence paye, mais c’est dur à tenir, et l’indignation monte toujours plus. Il y a beaucoup de colère aux États-Unis.

Anonyme : Ierapetra protest for hospital, Crete, 2011.

En Grèce, toutes les villes connaissent des troubles, liés au saccage des biens publics et des acquis sociaux organisé par l’État. Ainsi, par un singulier renversement des choses, ce sont les manifestants qui défendent les biens ; ici, des gens se sont enchaînés à une gros boulet factice, symbolisation du fardeau imposé par le FMI et l’Union Européenne aux populations, lors d’une marche de protestation contre la destruction programmée de l’hôpital public de Ierapetra, en Crète orientale. Cet hôpital fait partie des innombrables cibles qui doivent être sacrifiées pour le remboursement de la dette. La population n’aura qu’à se débrouiller avec des cliniques privées.

Joanna - Piazza del Popolo : policías durante protestas en el 1 de mayo de 2010 en Atenas.

En fait, s’il y a bien quelque chose de gênant dans tous ces pays, ce sont tous ces fichus citoyens qui ont des besoins qu’il faudrait satisfaire : ne pas crever, se faire soigner, travailler pour un salaire correct. Ce qui se passe en Grèce est si caricatural que ça joue le rôle d’amplificateur des indignations transatlantiques. Chaque jour d’iniquité déverse son huile sur l’incendie. C’est alors que deviennent audibles des gémissements venant d’autres pays, comme au Portugal, où la cure d’austérité affame tant d’enfants que beaucoup, qui n’ont rien mangé, s’évanouissent en classe (François Musseau, Libération).

Dans les forums, les gens s’énervent de plus en plus. Constant Gardener : La situation est pourtant simple […] si les Grecs sont si endettés, c’est parce que les riches ne paient pas d’impôts, grâce à des exonérations légales ou à la fraude fiscale. Il est donc parfaitement normal que l’Union Européenne exige qu’on réduise les salaires et les retraites des pauvres, et qu’on augmente les impôts de ceux qui en paient déjà.

Cigale Zoze : On assiste à une représentation de théâtre à l’échelle mondiale. C’est plus Mycènes, ou Thèbes, ou Sparte, ou Athènes, hein, c’est carrément 7 milliards de gens qui ont été, sont ou vont être touchés d’une manière ou d’une autre […] par ce super acteur tragi-comique, Papandréou, qui, à force de peur, d’humiliation personnelle et collective, et de probablement véritable dilemme, se prend le mors aux dents, pète un plomb, casse la courroie de distribution, et pose là, sur la grande table ronde qui trône au sommet de l’Olympe, une gigantesque merde qui empue l’entièreté des cieux et de la terre. Et même des enfers, si ça se trouve. Grand spectacle ! Pour la répression sanglante par l’armée, je suis pas persuadée, mais qu’en tout cas ça clapote dans l’arrière-cour des cervelles, c’est certain. Il y a beaucoup plus à redouter de la police. J’ai appris hier qu’en fait, pendant les dernières grosses manifs, les flics syndiqués et non syndiqués se sont affrontés physiquement, et ça c’est plus inquiétant… Constant Gardener et Cigale Zoze, sur @SI.

« L’armée n’intervenant pas », c’est un bon concept… Reste à voir comment il résiste à l’histoire qui se déroule. En atendant, le gouvernement a changé tous les cadres supérieurs. Voir, par exemple, ici : Changes in armed forces upper ranks.

Et Cigale nous offre ce lien vers une video de rembetiko : Mana mou Ellas de Stavros Xarhakos, dont voici les paroles traduites (source).

Je n’ai pas de maison où rentrer
Ni de lit pour dormir.
Je n’ai pas de route ni de voisinage
pour chanter au premier mai.

Tes grands et faux discours,
Tu me les disais déjà avec mon premier lait.

Mais maintenant que les serpents se réveillent,
Toi, tu portes des vieux bijoux
Et tu ne pleures jamais, ma mère la Grèce,
Quand tu brades tes enfants esclaves.

Tes grands et faux discours,
Tu me les disais déjà avec mon premier lait.

Et quand moi, je parle de mon destin,
Tu t’habilles avec tes vieux habits de coquette,
Et dans le bazar, en gitane, en guenon, tu m’as amenée,
Grèce, Grèce, mère du chagrin.

Tes grands et faux discours,
Tu me les disais déjà avec mon premier lait.

Mais maintenant le feu s’embrase de nouveau
Et tu regardes tes beautés d’autrefois.
Et dans les arènes du monde,
Tu trimballes toujours le même mensonge.

Et voilà comment on fabrique des indignés tellement amers qu’ils en viennent à haïr qui ose prétendre qu’il est encore utile d’aller voter. Je n’exagère pas : certaines discussions dans les forums de Rue89 sont épuisantes ; qui vote n’est qu’un traître. Ceci est une excellente nouvelle pour tout oligarche, attendu que : 1- qui ne vote pas laisse la place à ceux qui veulent que ça continue sans changement ; et 2- si vraiment ça dégénère, il reste le fait tout de même bien réconfortant qu’on n’a jamais vu un révolutionnaire survivre à sa révolution.

Vignettes : Piaza del Popolo sur Flickr.

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