Le livre, la liberté

Illustration pour L’Âne d’Or d’Apulée, dans une édition de 1872 commandée par un club d’amateurs.

LE LIVRE, LA LIBERTÉ

Ça ne vous aura pas échappé : en latin, le livre se dit liber, libris ; et la liberté : libertas, libertatis. La liberté est une capacité, ou une qualité (surtout dans le monde antique, où l’esclavage n’est jamais loin) : état de celui qui est livre… [non ça c’est le clavier, qui fait voisiner le V et le B, aussi bien en AZERTY qu’en QWERTY]… État de celui qui est libre.

Livre, libre ! En langage parlé, les B (ou les P) et les V sont interchangeables dans presque toutes les langues européennes. Voyez aborto, as, are : avorter ; hiver c’est hibernum… Quant à l’ébriété… Imaginez-vous ibres.

Bref, ici nous parlons de livres. Et qu’est-ce donc qu’un livre, selon son étymologie ? J’appends que jadis, une partie de l’écorce, le liber, servait de support à l’écriture (cf. Gaffiot). L’écorce qui pousse de l’arbre vers l’extérieur, porte ainsi un nom issu de la souche même dont vient le mot qui désigne les enfants, qui poussent des parents. Car les enfants se disent liberi

En somme, le livre est un enfant qui rend libre, et ivre aussi (ebrius). Car Liber, c’est d’abord une divinité du pinard, qui sera bientôt supplantée par Bacchus ; voyez le mot libation. La vinasse rend libre. Alain Nadaud : Ivre de livres, chez Balland. Et donc, oui, Jean-Baptiste, le livre est très officiellement un support.

Était un support. Voilà. Et je retourne dans ma grotte.

Publicités

A propos alabergerie

Lit Écrit Corrige Publie, et râle.
Cet article, publié dans Littérature, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Le livre, la liberté

  1. Yatan dit :

    Merci pour cette petite variation sur l’étymologie de livre. Sauriez-vous plus précisément si cette idée de poussée, commune à l’écorce et aux enfants, est avérée linguistiquement ? Est-ce qu’un « liber » latin dérive vraiment de l’autre, ou bien est-ce que ce ne sont pas des homonymes ?

    • alabergerie dit :

      Le Gaffiot reste muet sur le sujet. Et je ne connais pas d’étymologistes antiques ; il me semble que cette discipline est assez moderne. Bref, voici le territoire des ombres et des brumes.

  2. Ping : Les précaires aussi ont le droit de lire | alabergerie

  3. Ping : Les précaires aussi ont le droit de lire | Les 7 du Québec

  4. Ping : Les précaires aussi ont le droit de lire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s