Les tomates bleues

Il y a quelques jours je suis tombé enchanté sur le blogue d’un photographe bien singulier. Au détour d’un billet, j’avise une superbe photographie de tomates bleues. Je me dis immédiatement : « Par Jupiter et par Hasard, ceci est du pain tout chaud pour mon poteau Laurendeau, qui est poète. Vite contactons-le et voyons ce qu’il va nous sortir ! » Cinq heures plus tard, l’homme des muses s’étant réveillé, ayant allumé son ordinateur, s’étant pris en pleine poire une assiette de tomates bleues obligeament propulsée par moi d’outre-Atlantique, il éternua sous le choc, renifla, poussa un cri et déclara quelque chose.

Les tomates bleues de Stefaon

Je vous laisse découvrir sur le site de l’artiste comment on obtient de tels fruits.
© Robert Stéphan, 2012.

Les tomates bleues de Stefaon

La t… est bleue
 
La terre est bleue comme une tomate.
Ce n’est pas là pastiche mignard
Du bon Paul Aporie Éluard.
Et mon sang est bel et bien écarlate.
 
Et cendrés sont bel et bien mes cheveux.
Simplement, oui, des tomates toutes bleues
Viennent tant de niquer ma rétine
Que j’ y mordrais. Et si je badine
 
Et poétise ainsi sur la chose
C’est qu’un baiser charnu et rose
Tout contre ces aigues-douces photos
Les humidifieraient par trop.
 
Ces tomates ondines sont bleues, certes.
Il y en a même qui sont vertes.
On le sent bien, qu’elles sont d’herbe et d’eau.
Tout ça pour dire : ciel que c’est beau…


Les tomates bleues sont une réalisation de Robert Stéphan, photographe. Elles peuvent être dégustées dans ce billet de l’artiste. Si cela vout plaît, faites circuler ces joyeux fruits.

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A propos alabergerie

Lit Écrit Corrige Publie, et râle.
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6 commentaires pour Les tomates bleues

  1. J’aime bien aussi écrire à partir d’une photo. Le résultat est toujours surprenant. La photo nous mène souvent là où n’aurait jamais imaginé pouvoir aller.

  2. Alabergerie dit :

    Exactement ! Exactement !!!
    Ceci me fait penser à Alfred Kubin, qui par jeu accepta de légender quelques-uns de ses dessins. Il en fit des nouvelles tout à fait dégustables. Le travail sur une image est très jouissif pour un prosateur ou un poète. C’est un bel exercice, qui évacue d’emblée la fameuse angoisse de la page blanche, en imposant une contrainte. En fait, n’importe quel créatif reconnaît que ces petites obligations facilitent la création. Or, ici, avec l’image, non seulement nous avons affaire à une contrainte, puisque c’est d’elle uniquement qu’il faut tirer le sujet, mais aussi à un fameux stimulant. Quel bonheur, alors !

  3. stefaon dit :

    Si j’avais imaginé lire ceci le jour ou j’ai posé une assiette de tomates sur la table de ma cuisine pour voir un peu comment faire de la couleur avec des films noirs et blanc… ^^

  4. Après le film « Beignets de tomates vertes », le poème « Les tomates bleues ». 🙂
    Généralement, lorsque je m’inspire d’une photo, je communique le lien de mon histoire au photographe. Pour l’instant, je n’ai pas eu de retour négatif. Au contraire, ça leur fait plutôt plaisir… J’aime bien ce type particulier de colllaboration avec des personnes que je ne connais pas.

  5. Eluard, évidemment…L’esprit fonctionne par associations et contiguïtés, dixit Piaget..Mais combien t’a payé Monsanto pour cette variété de tomates manifestement fourrée aux OGM jusqu’aux yeux, Alan ?….

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